Au début, on a quelques contrats, ça roule, tranquille, on a le temps de faire des projections, de la planification et même de voir ses amis une fois de temps en temps. Les projets clients nous occupent, mais nous avons toujours du temps un peu pour les nôtres.

Avec les mois et les semaines qui passent et les contrats qui s’enchaînent à un rythme de plus en plus rapide, ce luxe (celui de penser à nous) s’estompe sournoisement. J’étais le premier à m’indigner du manque de temps en agence. Je plaidais pour le 20% de temps à la « Google », et même pour la semaine de 4 jours!

Là, c’est moi qui suis à la barre, il n’y a plus de boss à blâmer, plus personne pour prendre le blâme à part moi. C’est moi qui dois faire le choix de me lever de ma chaise pour aller voir ma fille qui joue dans le salon, ou de rester écrasé dedans pour terminer « encore un p’tit truc » avant la fin de la journée… et ça, c’est difficile à avaler.

Je me rappelle d’avoir lu ce livre alors que j’étais encore sur les bancs d’école. Utopique ? Peut-être un peu, mais bon, il faut bien commencer quelque part. J’ai d’ailleurs débuté à mettre en pratique certains trucs :

  • J’ai mon tableau des trucs à faire accroché au mur à côté de moi ;
  • Il y a désormais un étage qui me sépare du frigo ;
  • Je me suis convaincu que Foursquare, c’est poche ;
  • J’ai des courriels presque classés ;
  • J’ai déserté MSN Messenger.

Pour l’instant, je ne vois pas vraiment la possibilité de travailler 4 journées sur 5, car il y a encore beaucoup à faire pour que mon entreprise soit là où j’ai envie qu’elle soit. Mais un jour, d’ici quelque temps, ça sera comme ça!

03 fév, 2010

Sscheule

Publié dans Chroniques d'un papa

« Sscheule sscheule scscheule! »

Ça veut dire « Écoeure-moi pas, j’veux le faire toute seule ». Ève a 22 mois (après 24, promis on switch en années), elle est dans une phase d’affirmation. Un brin contestataire, elle remet en question – sans véritable raison – les règles et routines mises en place depuis des mois. Ça fait partie du processus normal apparemment.

De mon point de vue (je vois toujours les choses d’un peu plus haut que tout le monde), je me dis  que ça doit être un moment de sa vie absolument frustrant. Elle comprend tellement de mots, de concepts, de relations… mais elle n’est pas en mesure de renchérir vraiment. En fait, oui, mais pas autant qu’elle l’aimerait.

La phase du « Sscheule », c’est la phase où il faut prévoir 10 minutes quand d’habitude ça en prend 2.

C’est la phase où les chaussettes vont tout d’un coup dans les bras plutôt que dans les pieds.

C’est la phase où, en plus de sa couche à elle, il faut en mettre une à sa grenouille en peluche (communément appelée « nouille ») et une autre à son écureuil en peluche (communément appelée « yeuille »).

C’est la phase aussi où monter dans l’escalier devient une expédition archéologique dans les mailles du tapis des 14 marches (on les compte tous les soirs) qui donnent accès au fameux « mmbain ».

C’est la phase où elle prend son dernier morceau de « toast teyyla » (toast au nutella), nous fixe directement dans les yeux et se fait un shampoing improvisé… juste pour voir notre réaction.

Mais la phase du « Sscheule » c’est surtout la phase où elle te regarde, te souris et comme ça, gratuitement, te dit : « taime papa ».

Mathis, c’est le nom de mon filleul. Mon premier filleul, le tout premier, le seul.

Parrain donc, d’un petit garçon qui est un peu pressé de venir au monde puisque sa maman est alitée depuis environ 5 semaines pour réduire l’envie qu’il a de se pointer le bout du nez.

C’est arrivé il y a quelques jours, une visite imprévue chez des amis. Nous étions partis pour une promenade de soirée, Julie et la petite étaient en pyjama en dessous de leur suit de neige. La petite était à peine sortie de son Chariot et libérée de son habit de neige qui fait squish squish quand elle marche « vitt vitt vitt » (comme elle dit) que nos hôtes nous informent que nous avons une grande décision à prendre…

Bang!!! Je suis parrain.

C’est le troisième filleul de ma copine, mais moi, c’est la première fois! Je ne pensais pas que ça faisait ce genre d’effet automatique… un sentiment d’attachement soudain, une envie de prendre soin et de veiller sur quelqu’un. Classique vous direz… mais n’empêche que c’est un foutu beau cadeau, une marque de confiance indélébile.

Une responsabilité nous a d’emblée été confiée : lui trouver un nom qui sera ajouté à celui que ses parents lui donneront. C’est une super belle idée je trouve!

Quoi choisir ? Un nom d’une personnalité ? D’un athlète ? D’un littéraire ? D’un endroit ? Hmmm… nous avons jusqu’à sa naissance pour faire un choix avec Julie.

Une chose est certaine : peu importe le nom que nous lui choisirons, Mathis sera pour toujours mon premier filleul et occupera une place particulière pour moi.

Merci Oli, merci Jue

Autre article que j’ai écrit sur ce sujet : C’est moi qui choisis la marraine, un texte que j’avais écrit quand nous avions fait ce choix pour Ève.


  • Guillaume Joly: C'est super gentil Martin, merci de me lire. J'essaie de trouver le plus de temps possible pour écrire. Si je ne le fait pas, alors j'ai peur d'oubli
  • Martin: Excellent le site! Très beau. Et l'histoire du ssheule, très touchant! :o)
  • Jue et Oli: Beau billet touchant! Tes propos confirment (encore une fois!) que nous ne pouvions faire un meilleur choix... Mathis peut se compter chanceux de t'a
  • Guillaume Joly » Archives du blogue » Parrain pour la première fois!: [...] article que j’ai écrit sur ce sujet : C’est moi qui choisis la marraine, un texte que j’avais écrit quand nous avions fait c
  • Rachel: Oh seigneur! C'est la 1ère fois que je vois ce vidéo et je dois dire qu'il est percutant! Le problème c'est de faire comprendre aux gens que l'hu

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À propos de moi

Je suis un papa de 29 ans qui écrit à l'occasion sur ce que me fait découvrir ma petite fille.

Ancien sportif de haut niveau, mon école de vie a été celle du sport et de la compétition.

Le Web est mon gagne pain et une passion que j'ai la chance de vivre à tous les jours.

Ce blogue est donc une tribune sur laquelle je partage mes impressions, mes découvertes et mes réflexions sur le Web, le sport et la paternité.