Archives: avril 2009

Perdre

Ça vous est déjà arrivé de perdre ?

Moi aussi! Souvent en plus!

Perdre, c’est mauvais, ça ne goûte pas bon! Quand on a perdu, on a envie de lâcher, on a envie des fois de pleurer et surtout de se cacher. Perdre, ça fait mal, c’est aussi plate que ça!

Perdre, ça vient avant de gagner! Tous les gagnants ont perdu. Tous!

Perdre, ça sert à quelque chose si on décide de continuer. Un de mes coéquipiers en Belgique qui n’était pas vraiment allé à l’école, mais qui vivait sa vie selon les dictons que son père répétait sans cesse quand il habitait chez lui, à Itapolis au Brésil, me disait : If it doesn’t kill you, it makes you stronger. Puis il essayait de monter les marches le menant chez lui… sans cortisone dans les genoux.

Perdre, il faut voir ça avec du recul. Sur le coup, la blessure est trop vive.

Perdre, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand on va gagner.

Perdre, ça endurci.

Perdre, ça nous force à trouver des solutions. C’est ce qu’il y a de plus formateur. C’est là le vrai défi d’un sportif qui fait de la compétition. Un compétiteur qui n’aime pas résoudre des problème devrait arrêter de faire de la compétition.

Ne vous demandez pas où les athlètes olympiques trouvent leur tête de cochon pour s’entraîner une dizaine d’années pour quelques minutes de gloire (ou pas) aux Olympiques : ils ont perdu une fois, deux fois, cent fois… ils cherchent des solutions… et ils ont tous une petite voix intérieure qui leur rappelle combien ça fait mal de perdre!

Tu seras un super grand frère

- Allo Guillaume ?
- Oui !?
- Ben… Thomas s’en vient, je crois que nous allons partir à l’hôpital dans pas trop longtemps.
- Hein!! Pour vrai! Ok, ben j’m'en viens.

Mon frère tiendra bientôt son deuxième enfant dans ses bras. Il s’appellera Simon. C’est simple, c’est efficace, ça s’écrit facilement, c’est doux, mais ça se crie bien aussi, c’est très important lorsqu’ils approchent leur deuxième année de vie à ce qu’on dit! Mon frère a horreur des prénoms trop recherchés, trop plateau, trop j’essais-d’être-original-même-si-je-ne-le-suis-pas-du-tout.

Ça tombe bien, le garage venait de m’appeler pour m’informer que mon auto était enfin prête… ils avaient dû faire venir la pièce de Toronto, un seal de crank (j’y connais tellement, mais tellement rien… et en plus, mon beau-père est mécanicien!)

Heureux, je me rends chez mon frère. Ils sont là, les deux, avec un grand sourire. Mon frère décide qu’il a le temps d’aller chercher Félix – qui ne comprend pas du tout qu’il sera bientôt grand frère (à un an et demi) – à la garderie. De retour à la maison, il est prudent avec moi, il sait qu’il m’a déjà vu, mais je suis sur son territoire et ça, ce n’est pas habituel!

Félix est comme ça, il observe, il scrute les détails de ses yeux bruns en amende. Il reconnaît les mots importants : « manger », « suce » et « ballon ». Il se promène partout dans l’appartement et teste les surfaces et les croches en marchant et en courant.

Félix agit déjà en grand frère. Un grand frère, ça ne trace pas la route pour son petit frère, mais ça s’assure que le chemin est un minimum défriché. Un grand frère, ça ne donne pas tous les trucs à son petit frère, mais à l’occasion, lui prodigue quelques conseils. Un grand frère, c’est plus prudent qu’un petit frère parce qu’avant lui, personne n’a validé qu’une porte pouvait être dangereuse, qu’un coin de table, ça fait mal et que peinturer le mur avec ses mains entraîne une sérieuse engueulade.

Ce soir, lorsque mon frère et sa copine sont partis à l’hôpital, je suis resté seul avec Ève et Félix. Les deux étaient malades. À 19h15, les deux n’avaient qu’une envie : aller se coucher. Ève pleurait le plus qu’elle pouvait pour être certaine que je comprenne son malheur de ne pas être dans mes bras alors que je faisais la « routine dodo » avec son cousin. Une fois en pyjama, Félix a joué tout tranquillement avec son casse-tête en bois pendant que je consolais Ève de sa crise existentielle. Félix montrait l’exemple, suce en bouche. Ève observait… et s’est conformée.

Félix, tu seras un super grand frère. Simon, qui est en train de se frayer son chemin dans notre monde, est chanceux d’en avoir un comme toi!

Parole d’un oncle, mais surtout d’un grand frère!

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